( AFP / ERIC PIERMONT )
Le chimiste français Seqens, spécialisé dans les principes actifs de médicaments, a annoncé mercredi avoir conclu un accord de principe avec ses principaux partenaires financiers en vue d'une restructuration de sa dette.
"Cette opération est de nature exclusivement financière et n'a pas d'impact sur l'organisation opérationnelle du groupe, l'emploi, les accords collectifs, les avantages sociaux ou les conditions de travail de ses collaborateurs", souligne Seqens dans un communiqué.
"À l'issue de la restructuration envisagée, les principaux prêteurs du groupe deviendront les nouveaux actionnaires de Seqens" et la banque publique d'investissement "Bpifrance demeurera un actionnaire minoritaire de référence", ajoute le communiqué.
La finalisation de l'opération est attendue d'ici la fin de l'année.
Confronté à la faillite de deux gros clients pharmaceutiques — un belge et un américain — qui a affecté sa rentabilité opérationnelle, le groupe a dû fermer l'an dernier son usine francilienne de Villeneuve-la-Garenne et arrêter ses activités de production de thérapies cellulaires et géniques, rachetées fin 2023 au suisse Novartis.
En février, le sous-traitant pharmaceutique a cédé au groupe français Sobalia, son site de Limoges spécialisé dans les extractions botaniques et les activités de diagnostic in vitro consistant notamment à produire des ingrédients utilisés pour préparer des milieux de culture microbiologique, comme ceux des boîtes de Pétri.
Seqens fait face à "une baisse de la compétitivité de l'Europe avec la hausse des matières premières et du coût de l'énergie" ainsi qu'à "une concurrence asiatique qui est très, très, très agressive depuis à peu près mi-2023", a indiqué à l'AFP Gildas Barreyre, le secrétaire général de Seqens.
Les créanciers "ont réinjecté des liquidités dans le groupe, pour un montant très significatif" et la durée de remboursement de la dette initialement due en 2028 a été renégociée, avec des échéances repoussées "jusqu'à 2031 pour une partie et 2032 pour l'autre", a-t-il détaillé.
La dette d'environ 1,1 milliard d'euros du groupe dirigé depuis avril par Pascal Villemagne, "a été fortement réduite avec cet accord", selon lui.
Lancé après la crise du Covid-19, le projet de relocalisation de la production du principe actif du paracétamol en France s'appuie sur le chimiste Seqens.
Sa situation financière compliquée ne compromet pas la future unité de production de paracétamol sur le site de Roussillon en Auvergne-Rhône-Alpes, dont "la construction a été terminée en mars" et qui "est en cours de mise en service" avec des premières livraisons commerciales prévues "début 2027", a assuré à l'AFP Gildas Barreyre, le secrétaire général de Seqens.
Mais avec "la concurrence asiatique très féroce", M. Barreyre redoute "des difficultés à remplir l'unité" pourtant "capable de fournir la moitié des besoins de l'Europe".
Pour l'heure, le laboratoire Upsa et l'entreprise de santé grand public Opella, qui commercialisent des médicaments à base de paracétamol, se sont engagés à se fournir auprès de Seqens.
L'ancien PDG de Seqens, Pierre Luzeau, avait régulièrement alerté ces dernières années sur le risque de décrochage de son industrie, confrontée à l'échelle européenne à une concurrence mondiale et des importations de produits à bas coût en provenance d'acteurs asiatiques.
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